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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE LA PROMESSE EST-ELLE DURABLE ?

Dernière mise à jour : 20 févr.



Hier, j’ai lu attentivement un article à propos du retard "effarant" (ou c’était peut-être "inquiétant") des entreprises françaises en matière d’intelligence artificielle. Oui, les entreprises françaises ont du retard, comme on nous disait, il y a quelques années, que les entreprises françaises avaient du retard dans l’acquisition et la maîtrise des outils numériques. Hélas, je n’ai pas pu demander à l’auteur de me préciser ce qu’il entendait par intelligence artificielle, ni pour quelles raisons il employait ce ton alarmiste ? Je n’ai pas pu lui demander non plus ce qu’il appelait retard. De toutes manières, les avancées technologiques sont quasi quotidiennes et, par la force des choses, une entreprise, comme l'ensemble des utilisateurs, seront toujours en retard sur les innovations technologiques. La mode fonctionne de cette manière, la tech fonctionne de la même façon et fonctionnera encore et encore de la même façon. C’est un fait.

 

Cet article voisinait avec un autre qui traitait de la hausse du prix de l’électricité (ils n’étaient pas tout à fait côte à côte, la coïncidence aurait été trop énorme, mais se trouvaient dans le même fil d’actualité). Rien à voir, me direz-vous, et vous aurez raison de prime abord. Mais, par association d’idées, je fais immédiatement le lien entre intelligence artificielle et données, entre données et data center et, du coup, entre intelligence artificielle et consommation d’énergie.



Je me renseigne, je fouille, je bouquine. Et ce que je trouve à propos de l’empreinte écologique de l’intelligence artificielle dans sa globalité (je ne parle pas seulement de l’IA générative qui fait tant de bruit et sème tant de fureur, mais de ce que j’appelle l’IA du quotidien, de notre moteur de recherche aux chatbots de ton assureur…) est plutôt étonnant. Je ne m'attendais pas à cela.

 

Je dois vous avouer que la lecture de « L’enfer numérique » de Guillaume Pitron, qui parle du monde fabuleux des data center, m’avait déjà apporté des informations sur leur gourmandise en ressources de toutes nature. Il y décrivait l’explosion du nombre des "usines à données", l’explosion de la facture d’électricité de ces "usines à données", l’explosion de la consommation d’eau potable pour refroidir ces milliards de semi-conducteurs qui surchauffent à l'usage.



Je ne vais pas vous faire un cours ou vous abreuver de chiffres, mais pour illustrer mon propos, ils vont néanmoins s'avérer indispensables. Vous me pardonnerez certainement…

 

L’avènement de la 5G pourrait être une excellente nouvelle (elle consomme moins d’électricité que la 4G dans les faits) s’il n’existait « l’effet rebond », dont l’existence m’a été révélée par Philippe Bihouix, ingénieur diplômé de Centrale, spécialiste des ressources minérales et promoteur des low-techs. Son déploiement va augmenter la puissance des réseaux mais elle va, en contrepartie, inciter les utilisateurs à faire exploser leur activité digitale.

 

Le fameux effet rebond.



Les "spécialistes" nous prédisent que l’empreinte carbone du numérique va être multiplié par trois d’ici à 2050. Des estimations, bien sûr, qui ne prennent pas en compte cet effet rebond et l’avènement, que dis-je, la révolution de l’intelligence artificielle qui va tout envahir, s’infiltrer partout… Tout cela a-t-il été réfléchi ? Les différents ont-ils été reliés entre eux . Les conséquences sur le plan des ressources ont-elles été anticipées ?

 

Je ne peux pas répondre à cette question mais il est peut-être judicieux de s'interroger à ce propos. La facture énergétique peut atteindre des niveaux insurmontables et les ressources nécessaires à son fonctionnement peuvent atteindre, elles aussi, des niveaux difficiles à envisager.


Des exemples : l’IA mobilise 10 à 15 % de la consommation électrique de Google et cela ne peut qu’augmenter puisque les "spécialistes", toujours eux, nous affirment que l’IA n’en est qu’à ses débuts. Autre sujet : L’apprentissage de GPT 3 d’OpenAI aurait consommé 1287 megawattheures, soit l’équivalent de 120 foyers américains sur une année. Celui de GPT 4 aurait, quant à lui, nécessité l’équivalent de la consommation de 700 foyers américains. Et ces chiffres, bien entendu, ne concernent que la phase d'apprentissage de la seule openAI. Microsoft, Google et des dizaines, voire des centaines d’entreprises, se sont lancées également dans la course. 



Enfin, les IA génératives, fortement dépendantes de stocks de données colossaux, consignés dans les gigantesques data centers dont nous parlions plus haut, sont, de fait, extrêmement gourmandes en eau et en métaux stratégiques. Rien que l’entraînement de GPT 3 aurait consommé 700 000 litres d’eau. Et le coût de 5 requêtes est d’environ un demi litre.



Alors la révolution de l’IA, est-elle une promesse durable ? Le monde va-t-il voir la quatrième révolution industrielle bouleverser les siècles à venir ?  Permettez-moi d’en douter, mais je me trompe peut-être. Je travaille dans la communication alors " je connais un peu tout mais je ne suis spécialiste en rien."


Laurent Desjars

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