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VOUS VOUS SOUVENEZ DE LA COUPE DU MONDE DE FOOT ? C'ÉTAIT IL Y A DEUX MOIS...



La Coupe du Monde s’est achevée il y a deux mois et je souhaitais faire un bref bilan du plus grand événement sportif, devant les Jeux Olympiques. L’événementiel est éphémère, dit-on, mais beaucoup répètent à l’envi qu’un événement doit laisser des traces dans les mémoires pour assurer sa réussite. Alors que va-t-il rester de la Coupe du Monde 2022 ? Je veux dire si l’on n’est pas argentin ou français ? En termes d’audience, les matchs diffusés par TF1 ont été regardés sensiblement par le même nombre de téléspectateurs qu’en 2018. En revanche, la finale Argentine-France a établi un nouveau record avec 1,5 milliards de personnes devant leur poste. En France, 24 millions de téléspectateurs et 80% de part de marché.

Cela en fait-il une Coupe du Monde exceptionnelle ?

172 buts quand même dont 6 en finale (comme en 2018).

Comme en 2018. Ce n’est pas vraiment un argument.

J’aimerais revenir à la genèse, ce fameux jour où Sep Blatter à ouvert l’enveloppe et prononcé le mot « Qatar » lors de la cérémonie d’attribution.

A peine l’organisation avait-elle été confiée au petit pays du Moyen-Orient, que les polémiques avaient commencé. Pourquoi le Qatar ? 50 degrés au printemps et à l’ombre, un régime qui n’a rien à voir avec les standards européens… Je n’ose pas toutes les citer parce que je pourrais couvrir des dizaines de pages. Il y a eu des protestations, mais elles ont été molles. Les gens devaient se dire pourquoi pas ? Après tout…

Rapidement les polémiques se sont tues et le spectacle et les années ont passées.

Et puis, en novembre 2022, tout le monde s’est rendu compte que la Coupe du Monde, le plus grand événement sportif de tous les temps, allait avoir lieu au Qatar. Pour de vrai.

Les media ont semblé découvrir tout à coup le décès de 6500 ouvriers sur les chantiers de Doha, les stades climatisés, que dis-je ? le pays tout entier climatisé et l’attribution de la norme ISO 20121, ce qui a provoqué quelques émois de la part des professionnels de l’événement, en France, qui ont, eux, consacré tant de temps, d’énergie et d’argent dans un processus de certification censé représenter une boussole, un chemin à suivre.

Tant de polémiques. Pour polémiquer. Et s’indigner.

Souvenons-nous, à moins d’un mois du début de la compétition, les gens se sont réveillés pour protester, pour dire pour, pour dire contre, plus ou moins fermement. Ça allait chauffer pour les qataris (sans mauvais jeu de mot, bien entendu). C’est à ce moment que l’on a entendu le mot « boycott ! » et que se sont fait entendre un certain nombre de revendications, plus ou moins justifiées. Et nos valeurs alors ?

Mais les Bleus étaient déjà dans l’avion.

Reproches. Tentatives de culpabilisation.

Mais ils étaient déjà dans l’avion.

Trop tard. Pour agir, il fallait dorénavant aller sur place, des banderoles dans les bras.

C’est à peu près à cette période que je me suis dit que j’allais boycotter le mondial 2022.Pas un match. Pas une dépêche sur son téléphone portable. Rien à faire de l’équipe de France…

J’ai regardé tous les matchs que j’ai pu regarder. J’ai apprécié comme tout le monde, tous ceux qui aiment le foot en tous les cas, la qualité des matchs, l’engagement des équipes et, finalement, la bonne ambiance qui s’est dégagée de la compétition. En 2018, par exemple, la Belgique s’était répandue contre la France après leur défaite.

Au Qatar, le fair-play a eu le dernier mot à chaque match.

Les observateurs et journalistes ont toutes et tous loués le fait que la compétition ait eu lieu au début de la saison. Des joueurs en forme jouent forcément au plus haut de leur talent. J’en ai vus beaucoup, malgré mon boycott. Et je suis d’accord avec eux : les rencontres valaient le coup. On ne s’est pas ennuyé jusqu’à la finale, un peu angoissante, mais dont le script n’aurait jamais pu être imaginé, même par le meilleur des scénaristes.

Les supporters, même si l’alcool était restreint, ont tous assuré que l’organisation avait été parfaite. Sur le plan logistique, la Coupe du Monde mérite un 10. Infrastructures, gestion des flux, transports, aucun accroc, que du bonheur pour les supporters de tous les pays. Idem en termes de sécurité : Pas de heurts entre supporters, pas de bagarre.

Cérémonie d’ouverture et de clôture un peu kitch à mon goût. Mais la difficulté de l’exercice réside dans le fait de plaire à des centaines de millions de téléspectateurs. Alors on peut se montrer indulgent. Le travail était techniquement parfait et le déroulé parfaitement exécuté.

A propos du bilan écologique de l’événement, là, les choses se corsent. Rien de ce qui avait été annoncé n’a été respecté. Tout a été multiplié par deux. Les émissions de CO2 estimé à 3 millions de tonnes ont frôlé les 7 millions et il a fallu dessaler 10 000 litres d’eau par jour pour arroser les pelouses des huit stades (je ne vous parle pas du périple des pelouses, justement, arrivées des Etats-Unis par avion climatisés etc… Etc… Etc…).

Nous retiendrons les trois buts de Kylian M’Bappé et sa tristesse d’avoir perdu une finale jouée à moitié.

Et nous retiendrons la victoire de l’Argentine, amplement méritée.

Vivement la Coupe du Monde de Rugby.

Et les Jeux Olympiques.

En espérant que, pour ces prochains événements planétaires, le bilan sportif soit à hauteur du bilan écologique.



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